Rapport annuel 2025-2026

Couverture du rapport annuel 2025-2026. Caroline Maynard, la Commissaire `l'information du Canada, est accottée sur un cadre de fenêtre, souriante.


Un message de la Commissaire

Le présent rapport annuel souligne le travail que le Commissariat à l’information du Canada a effectué au cours de la période d’avril 2025 à mars 2026. Je le dépose à un moment où la transparence gouvernementale et le droit d’accès à l’information se trouvent à un tournant décisif. 

Tous les cinq ans, le gouvernement du Canada est tenu d’examiner la Loi sur l’accès à l’information, et le plus récent examen législatif a été amorcé en juin 2025. J’ai récemment transmis à l’équipe responsable de ce projet mes observations, lesquelles renferment des recommandations claires visant à renforcer la Loi et à assurer un droit d’accès efficace. Je compte donc sur le gouvernement pour qu’il en tienne compte, car ces observations reposent sur un savoir approfondi et une expérience acquise au fil des ans par le Commissariat grâce aux enquêtes menées sur des milliers de plaintes.

Bien que les premiers signes aient été peu encourageants, j’espère tout de même que l’examen législatif s’avérera une étape décisive pour la modernisation de la Loi et du système qui lui sert de fondement. Pour y parvenir, il est essentiel que les décideurs se montrent attentifs aux leçons que nous ont enseignées les erreurs du passé.  

Ce ne sont pas les exemples qui manquent. Dans le présent rapport figure un rapport spécial qui rend compte de mon enquête sur les questions relatives à la demande ou à l’obtention d’information concernant l’application ArriveCAN. À l’issue de cette enquête, j’ai formulé des recommandations à l’intention de l’Agence des services frontaliers du Canada, lesquelles mettent en évidence des problèmes sous-jacents qui, s’ils ne sont pas corrigés, continueront inévitablement de se répercuter sur le droit d’accès.

L’enquête a révélé que l’intégration continue d’outils numériques en milieu de travail engendra des conséquences bien réelles si nous omettons d’adapter rapidement les politiques et les pratiques en matière de gouvernance, de surveillance et de gestion de l’information.  

Alors que j’entame ma 9e année en tant que Commissaire à l’information, je réitère un message que j’ai adressé encore et encore : il est plus essentiel que jamais d’assurer un accès à l’information fiable et crédible en temps opportun.  

Un système d’accès qui reflète les réalités du 21e siècle et protège le droit à l’information des Canadiens et Canadiennes est à notre portée. Cet objectif n’est toutefois réalisable que par un leadership soutenu, une réforme législative réfléchie et un engagement sincère envers la transparence dans l’ensemble du gouvernement. 

Je demeure résolue à protéger ce droit et à travailler de concert avec les institutions, le Parlement et le public afin de renforcer le système fédéral d’accès à l’information pour les années à venir.

Caroline Maynard's signature

Caroline Maynard
Commissaire à l’information du Canada 

The Information Commissioner of Canada, Caroline Maynard

Le gouvernement doit profiter de cette occasion pour moderniser la Loi sur l’accès à l’information et le système qui la soutient.

Dans une démocratie saine, un système d’accès à l’information moderne et efficace est indispensable pour renforcer et maintenir la confiance du public.

À bien des égards, l’enquête sur l’application ArriveCAN sert de mise en garde. Elle illustre les conséquences des décisions prises sous pression sans suffisamment se soucier de la transparence. 

Employés du CI consultent les nouvelles

Un regard sur l’exercice 2025-2026

PRINTEMPS


Appel à l’action : établir un dialogue avec le nouveau premier ministre

À la suite des élections fédérales d’avril 2025, la Commissaire Maynard a adressé une lettre au premier ministre afin d’établir un dialogue sur la façon de régler les problèmes qui existent depuis longtemps dans le système d’accès à l’information. Elle a fait référence aux propos qu’il a tenus lors de la campagne électorale, à savoir qu’un examen objectif de l’accès à l’information servirait les intérêts des Canadiens et Canadiennes.   

Définir la voie à suivre : une vision stratégique de 2025 à 2028 

La Commissaire et son équipe ont entamé l’exercice 2025-2026 avec un nouveau plan stratégique qui guidera le Commissariat jusqu’à 2027-2028. Les priorités sont les suivantes : utiliser judicieusement les ressources pour renforcer le perfectionnement et le maintien en poste des employés; veiller à ce que l’organisation dispose des moyens, de l’expertise et du soutien nécessaires pour offrir des services de haute qualité; optimiser la gestion de l’information ainsi que les pratiques et la culture liées aux technologies grâce à des investissements stratégiques dans des outils novateurs, à une collaboration renforcée entre les secteurs et à des processus simplifiés; ainsi que maintenir et renforcer la crédibilité en insistant sur les résultats et en prônant la transparence. 

Créer des liens avec les institutions 

La Commissaire a rencontré les hauts dirigeants de Services aux Autochtones Canada, de Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada et du ministère de la Défense nationale (MDN) pour discuter des défis que ces institutions doivent relever en matière d’accès à l’information. Les discussions ont porté sur la conformité aux ordonnances, les processus internes relatifs à l’accès à l’information et à la protection des renseignements personnels (AIPRP) ainsi que l’importance d’un engagement soutenu de la part des hauts dirigeants. Lors de sa visite au MDN, la Commissaire a aussi rencontré les membres de l’équipe de l’AIPRP pour les remercier de leurs efforts et leur offrir quelques mots d’encouragement.  

Les réunions avec les hauts dirigeants des institutions permettent d’attirer l’attention sur le rôle du leadership et son importance pour soutenir efficacement les fonctions de gestion de l’information et d’accès à l’information. Par l’entremise de ces rencontres, la Commissaire souhaite renforcer les obligations prévues par la Loi et cerner les contraintes qui entravent l’accès à l’information en temps opportun.
 

ÉTÉ


Lancement de l’examen de la Loi sur l’accès à l’information

Le 20 juin 2025, le gouvernement du Canada a lancé l’examen obligatoire de la Loi. Dans une lettre adressée au président du Conseil du Trésor du Canada, la Commissaire a précisé que ses commentaires s’appuieraient sur les observations et recommandations formulées dans le cadre du précédent examen du système d’accès. Tout au long de son mandat, elle a toujours insisté sur la nécessité d’une réforme législative, notamment en étendant la couverture de la Loi de sorte qu’elle lui permette d’examiner les documents confidentiels du Cabinet, en introduisant une disposition qui prévoit la primauté de l’intérêt public et en établissant des délais clairs pour les consultations.

Promouvoir l’accès à l’information sur la scène internationale 

Du 23 au 25 juin 2025, la Commissaire a participé à la 16e rencontre annuelle de la Conférence internationale des commissaires à l’information, à Berlin. Il s’agit d’un forum où les membres de la communauté mondiale de l’accès à l’information échangent des pratiques exemplaires et discutent des défis communs en matière de surveillance de l’accès à l’information. 

C’est un honneur pour le Canada d’avoir été choisi parmi un vaste nombre de pays pour accueillir la 18e Conférence internationale des commissaires à l’information, qui aura lieu en juin 2027 dans la région de la capitale nationale. Il s’agira de la première fois que la Commissaire Maynard aura le privilège d’accueillir cette conférence, ce qui témoigne de la reconnaissance internationale du leadership qu’elle exerce au sein de cette communauté. Le Canada avait accueilli cette conférence en 2011.  

Protéger le droit d’accès à l’information environnementale à l’ère numérique  

Au terme de leur 16e rencontre annuelle à Berlin, les commissaires à l’information ont rendu publique une déclaration conjointe, dans laquelle ils insistent sur le fait que l’accès à l’information environnementale est un pilier du développement durable, de la santé publique, de la justice climatique et de la gouvernance responsable. La déclaration rappelle aussi l’importance des solutions numériques pour faciliter l’accès généralisé aux données environnementales.  

Établissement d’un dialogue avec divers intervenants nationaux et internationaux 

Au cours de l’été, la Commissaire Maynard s’est entretenue avec divers intervenants nationaux et internationaux afin d’échanger sur des questions d’accès à l’information et de leçons retenues. Elle a fait une présentation virtuelle sur l’interaction des systèmes d’accès et de protection de la vie privée au Canada dans le cadre d’une conférence en Jamaïque, organisée par les professionnels de la protection de la vie privée. De plus, elle a participé à une table ronde aux côtés de journalistes d’enquête et d’utilisateurs fréquents du système d’accès, organisée par la Clinique canadienne de politique Internet et d’intérêt public (CIPPIC).

AUTOMNE


Rencontre avec une coalition de défense de la société civile  

La Commissaire a rencontré des membres de la Right to Access Information Alliance Canada [en anglais seulement] et a profité de l’occasion pour échanger avec eux suivant l’annonce de l’examen de la Loi. Les discussions ont porté sur des préoccupations communes concernant les obstacles permanents à l’accès à l’information en temps opportun, les lacunes en matière de transparence et les attentes relatives à une réforme substantielle dans le cadre de cet examen. 

Première comparution devant le Comité ETHI (45e législature) 

La Commissaire a comparu pour la première fois devant le Comité permanent de l’accès à l’information, de la protection des renseignements personnels et de l’éthique (ETHI) nouvellement constitué depuis l’ouverture de la 45e législature, qui fait suite aux élections fédérales de 2025.

Les comparutions devant les comités parlementaires permettent à la Commissaire de faire connaître son point de vue sur l’état du système fédéral d’accès à l’information et d’informer les parlementaires au sujet des problèmes systémiques qui entravent la transparence et la responsabilité. 

Dialogue avec la communauté fédérale de l’AIPRP à l’occasion de la Semaine du droit à l’information

Lors de la Semaine du droit à l’information, la Commissaire Maynard a fait une présentation à l’intention de la communauté fédérale de l’AIPRP. Elle a souligné l’importance de l’accès à l’information dans un contexte marqué par l’accroissement de la mésinformation et de la désinformation de même que le rôle essentiel des professionnels de l’AIPRP. Elle a aussi répondu aux questions des gens présents concernant les défis et les activités de surveillance en matière d’accès.  

Chaque année en septembre, on souligne la Semaine du droit à l’information, qui vise à sensibiliser le public au droit d’accès à l’information. 

Faire avancer le dialogue chez les commissaires à l’information et à la protection de la vie privée d’ici   

La Commissaire a participé à la rencontre annuelle de 2025 des commissaires et ombuds à l’information et à la protection de la vie privée fédéraux, provinciaux et territoriaux (FPT), à Banff. Les discussions ont porté sur la façon dont les systèmes d’accès doivent s’adapter pour favoriser la transparence et la responsabilité dans un environnement numérique caractérisé par des changements rapides.  

Les commissaires à l’information et à la protection de la vie privée du Canada, respectivement Caroline Maynard et Philippe Dufresne, seront les hôtes de la Conférence annuelle FPT de 2026, qui aura lieu en septembre dans la région de la capitale nationale. 

Inspirer la prochaine génération de fonctionnaires  

La Commissaire Maynard a rencontré des étudiants en affaires publiques et en gestion des politiques à l’Université Carleton. Elle leur a parlé de l’importance de l’accès à l’information dans une démocratie saine. Les étudiants ont pour leur part présenté leurs travaux de recherche et suggestions visant à améliorer le système fédéral d’accès à l’information, ce qui leur a permis d’aborder un domaine particulier de la gouvernance.  

Les commissaires et ombuds à l’information du Canada demandent à leurs gouvernements respectifs de favoriser un écosystème informationnel plus solide  

Les commissaires et ombuds à l’information FPT ont rendu publique une résolution conjointe, dans laquelle ils demandent aux gouvernements de prendre des mesures visant à renforcer le système d’accès à l’information dans son ensemble en vue de soutenir la résilience démocratique et la confiance du public. Parallèlement, la Commissaire Maynard a présidé la Conférence des enquêteurs FPT de 2025, la plus récente d’une série de conférences virtuelles amorcées en 2021, dont le but est de favoriser la collaboration et le partage des connaissances entre les enquêteurs des organismes de surveillance d’accès à l’information et de protection de la vie privée du Canada.  

Entretien avec le greffier du Conseil privé

Après avoir adressé une lettre au greffier du Conseil privé et secrétaire du Cabinet, la Commissaire a rencontré ce dernier pour discuter du rendement des institutions et des défis actuels dans le système d’accès. Lors de cette rencontre, elle a mis en évidence l’importance de procéder à un examen législatif objectif qui est axé sur les résultats et qui remédie aux lacunes de la Loi afin de lutter contre la culture du secret qui sévit dans les institutions. 

Dialogue avec l’Association du Barreau canadien   

La Commissaire Maynard a participé à la séance « Le point de vue des organes de réglementation » de la Conférence de l’Association du Barreau canadien (ABC) sur le droit de la vie privée et de l’accès à l’information, aux côtés de ses homologues de la Colombie-Britannique, de Terre-Neuve-et-Labrador et de la Nouvelle-Écosse. Les discussions ont porté sur les priorités communes liées à l’examen législatif, les défis des administrations et les répercussions des changements technologiques sur le système d’accès. Elle a aussi rencontré le comité de direction de la Section du droit de la vie privée et de l’accès à l’information de l’ABC pour discuter des priorités et des activités du Commissariat de même que de décisions récentes.

HIVER


Faire avancer l’équité et les pratiques responsables en matière d’accès dans l’ensemble du gouvernement   

La Commissaire a fait une présentation à l’intention des membres du Réseau des ambassadeurs de l’antiracisme et du Réseau interministériel sur l’équité en matière d’emploi. Elle a abordé le lien entre l’accès à l’information, l’équité et les pratiques responsables en matière de données dans la fonction publique fédérale, tout en mettant en valeur le rôle de l’accès à l’information dans la promotion d’une administration publique inclusive et responsable. 

Appel lancé en faveur d’un examen législatif rapide et axé sur les résultats 

La Commissaire a adressé une lettre au président du Conseil du Trésor du Canada lui demandant une mise à jour sur l’état d’avancement de l’examen de la Loi. Évoquant des préoccupations quant à la cadence de l’examen, elle a insisté sur le fait que celui-ci ne devait pas servir de prétexte pour perpétuer le secret. Une rencontre avec le président s’est ensuivie pour discuter de l’approche adoptée par le gouvernement fédéral. 

Susciter l’attention des parlementaires sur les défis liés à l’accès à l’information 

Au début de l’année 2026, la Commissaire a comparu devant le Comité permanent des opérations gouvernementales et des prévisions budgétaires (OGGO) de la Chambre des communes, où elle a pris part à des discussions parlementaires de haut niveau sur le système fédéral d’accès à l’information, la législation, la nécessité d’une réforme substantielle et les incidences de son pouvoir de rendre des ordonnances. En s’appuyant sur l’analyse du Commissariat, elle a mis en évidence les retards qui persistent dans le traitement des demandes d’accès.  

Après cette comparution, la Commissaire a comparu devant le Comité ETHI suivant le lancement de son étude sur l’état de l’accès à l’information au Canada. Cette étude mettait en évidence l’attention grandissante du Parlement à l’égard des nouveaux défis en matière de transparence gouvernementale, y compris l’utilisation d’outils de collaboration numériques et la conservation des documents. En février 2026, la Commissaire a évoqué les mêmes préoccupations dans un message à l’intention des institutions fédérales assujetties à la Loi

Réponse au document du gouvernement sur l’examen législatif 

Suivant la publication du document « Examen de 2025 de la Loi sur l’accès à l’information : approches stratégiques », la Commissaire a publié une déclaration, dans laquelle elle exprime ses préoccupations quant au manque d’ambition des mesures proposées. Elle fait entre autres remarquer que le but de ces propositions semble être, à bien des égards, d’alléger le fardeau administratif perçu par les institutions fédérales, plutôt que de protéger le droit à l’information de la population canadienne.  

Renforcement de la collaboration entre les autorités de contrôle 

La Commissaire a participé au Privacy and Data Governance Congress de la Privacy and Access Council of Canada [en anglais seulement], aux côtés de ses homologues de l’Ontario, de l’Alberta et de la Saskatchewan. Les discussions en groupe ont porté sur les pressions émergentes auxquelles sont confrontés les systèmes d’accès des différentes juridictions.

Discussion avec la sous-ministre de la Justice 

La Commissaire a rencontré la sous-ministre de la Justice et sous-procureure générale afin de discuter de son pouvoir de rendre des ordonnances et de l’examen de la Loi. Elle a mis l’accent sur l’importance du respect des délais, d’une surveillance efficace et de l’engagement soutenu des responsables des institutions de manière à renforcer le système d’accès.  

Mosaic de photos des différents événements.

Une année marquée par des progrès en matière de règlement des plaintes

Le Commissariat enquête sur les plaintes concernant les demandes d’accès à l’information faites aux institutions fédérales. En 2025-2026, le nombre de plaintes déposées au Commissariat était comparable au nombre de plaintes conclues. Des efforts ciblés visant à fermer d’anciens dossiers dans l’inventaire ont par ailleurs porté leurs fruits.  

Cette année, 5 839 plaintes ont été déposées au Commissariat, dont près de la moitié concernaient un retard ou une prorogation de délai.

Le Commissariat classe les plaintes déposées en trois catégories.

Une plainte concernant un retard porte sur le fait que l’institution visée n’a pas répondu à la demande d’accès dans les délais prévus par la Loi.
 
Une plainte concernant une prorogation de délai porte sur la question de savoir si le temps supplémentaire que l’institution visée a décidé de prendre pour répondre à la demande d’accès est raisonnable ou justifié par des raisons légitimes, ou si l’institution a suivi les règles prévues par la Loi pour prendre une prorogation.
 
Une plainte de refus concerne l’application, par l’institution visée, d’exceptions et d’exclusions prévues par la Loi, le caractère adéquat de la recherche de documents, le versement de droits, la communication de documents dans une langue officielle donnée ou sur support de substitution, les publications prévues à l’article 5 de la Loi et d’autres questions relatives à la demande ou à l’obtention de documents.

Plaintes déposées (selon le type de plaintes), 2025-2026

Version textuelle
Plaintes déposées (selon le type de plaintes), 2025-2026 
TrimestreIrrecevables aux fins d’enquêteRefusProrogation de délaiRetard
T1435272140482
T2457282102701
T347527488472
T4572357126604
Total1 9391 1854562 259

 

Lorsqu’elles déposent une plainte, les parties plaignantes peuvent s’attendre à l’un des résultats suivants :

  • plainte fondée ou non fondée à l’issue d’une enquête (les comptes rendus décrivent comment il a été possible de parvenir à de tels résultats et se trouvent dans la base de données des décisions du Commissariat, qui est régulièrement mise à jour);  
  • plainte faisant l’objet d’un désistement (les parties plaignantes décident de retirer leur plainte à la suite de la conclusion du Greffe qui établit sa recevabilité);
  • cessation de faire enquête (la Commissaire arrête son enquête, le plus souvent parce que la partie plaignante a reçu une réponse à sa demande d’accès par suite du travail du Commissariat; il n’est donc plus nécessaire de poursuivre l’enquête);  
  • plainte conclue par le Greffe (le Greffe du Commissariat (c’est-à-dire le groupe qui reçoit, examine et détermine la recevabilité des nouvelles plaintes) conclut qu’une plainte n’est pas recevable aux fins d’enquête (p. ex. du fait que les plaintes sont déposées en retard ou ne relèvent pas du mandat de la Commissaire, la partie plaignante retire sa plainte peu après l’avoir déposée ou la Commissaire refuse de faire enquête sur la plainte).  

 

Résultats des plaintes conclues, 2025-2026

Version textuelle

Résultats des plaintes conclues, 2025-2026

Résultats des plaintes conclues, 2025-2026 
Résultats des plaintes conclues, 2025-2026Total
Cessation de faire enquête1 930
Désistement825
Non fondées538
Fondées662

 

Plaintes conclues par le Greffe, 2025-2026

Version textuelle

Plaintes conclues par le Greffe, 2025-2026

Plaintes conclues par le Greffe, 2025-2026 
CatégorieTotal
Ne relèvent pas du mandat1 036
Délai échu319
Information insuffisante463
Doublon17
Pouvoir d’enquête épuisé13
Prématurées28
Désistement60
Refus de faire enquête3

Parmi les plaintes conclues en 2025-2026, 11 % étaient fondées, alors que 9 % étaient non fondées. De plus, 14 % ont fait l’objet d’un désistement par la partie plaignante, tandis que 33 % ont été conclues par le Greffe parce qu’elles avaient été reçues après les délais prévus par la Loi, avaient été retirées par la partie plaignante peu après le dépôt ou étaient autrement irrecevables. Les enquêtes relatives aux autres plaintes (soit 33 % de l’ensemble des plaintes conclues) ont été interrompues pour les motifs susmentionnés.

 

Plaintes déposées et plaintes conclues, 2025-2026

Version textuelle

Plaintes déposées et plaintes conclues, 2025-2026

Plaintes déposées et plaintes conclues, 2025-2026 
TrimestreDéposéesConclues
T11 3291 245
T21 5421 677
T31 3091 409
T41 6591 563
Total5 8395 894

 

Âge des dossiers de plainte dans l’inventaire en date du 31 mars 2026

Version textuelle

Âge des dossiers de plainte dans l’inventaire en date du 31 mars 2026

Âge des dossiers de plainte dans l’inventaire en date du 31 mars 2026 
Plaintes déposées le 31 mars 2024 ou avant cette datePlaintes déposées entre le 1er avril 2024 et le 31 mars 2026
1941 961

Le maintien d’un inventaire contemporain des plaintes demeure une priorité. L’objectif est de veiller à ce que le pourcentage de plaintes en cours datant de plus de deux ans soit inférieur à 15 %.    

À la fin de l’exercice 2025-2026, seules 9 % des plaintes dans l’inventaire avaient été déposées le 31 mars 2024 ou avant cette date.


Traitement des plaintes en 2025-2026

Sélectionnez une institution fédérale

     
Plaintes dans l'inventaire,
1er avril 2025*
Plaintes dans l'inventaire,
31 mars 2026
Plaintes déposées en
2025-2026
Plaintes conclues en
2025-2026

Résultats des plaintes conclues

 
 
Fondée
 
Non fondée
 
Désistement
 
Cesser de faire enquête

* Le Commissariat pourrait ne pas être en mesure de déterminer si les plaintes déposées tout juste avant la fin d’un exercice financier sont recevables jusqu’à plusieurs semaines après le début de l’exercice suivant. Les données publiées dans le rapport annuel 2024-2025 concernant l’inventaire au 31 mars 2025 ont été ajustées en conséquence. 
** Les plaintes conclues par le Greffe ne sont pas réparties par institution, car elles sont irrecevables aux fins d’enquête.

Version textuelle

Traitement des plaintes en 2025-2026

Traitement des plaintes en 2025-2026 
InstitutionPlaintes dans l'inventaire, 1er avril 2025*Plaintes déposées en 2025-2026Plaintes conclues en 2025-2026Plaintes conclues par le Greffe en 2025-2026FondéeNon fondéeDésistementCesser de faire enquêtePlaintes dans l'inventaire, 31 mars 2026
Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada2151 5401 450s.o.1327466944305
Bureau du Conseil privé217217225s.o.10176840209
Transports Canada223190195s.o.47207256218
Ministère de la Défense nationale147239287s.o.104442411599
Agence des services frontaliers du Canada173117234s.o.26306711156
Gendarmerie royale du Canada153121163s.o.40471462111
Bibliothèque et Archives Canada132109140s.o.28272857101
Agence du revenu du Canada113132148s.o.502037597
Santé Canada58170127s.o.3511675101
Affaires mondiales Canada115108107s.o.2591558116
Services aux Autochtones Canada454856s.o.171781437
Ministère de la Justice Canada236353s.o.92861033
Patrimoine canadien305747s.o.142171440
Service canadien du renseignement de sécurité255448s.o.61771831
Ministère des Finances Canada413742s.o.1453236
Emploi et Développement social Canada373834s.o.101041041
Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada225434s.o.6532042
Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada205441s.o.22110833
Sécurité publique Canada333942s.o.4292730
Innovation, Sciences et Développement économique Canada194640s.o.151221125
Services publics et Approvisionnement Canada283736s.o.12451529
Service correctionnel Canada234038s.o.6352425
Pêches et Océans Canada193025s.o.4621324
Environnement et Changement climatique Canada162526s.o.6331415
Ressources naturelles Canada102520s.o.292715
Sous-total1 9373 5903 658s.o.6034447811 8301 869
Autres institutions (71)273310297s.o.599444100286
Plaintes irrecevables aux fins d’enquêtes.o.1 939s.o.1 939s.o.s.o.s.o.s.o.s.o.
Total2 2105 8393 9551 9396625388251 9302 155

Demandes d’autorisation pour ne pas donner suite à une demande d’accès, 2025-2026

Applications for approval to decline to act on access requests, 2025–26 
ÉtatTotal
Reportées 2
Déposées 15
Terminées11

Accordées

3

Refusées

4

 Désistement

4
En cours 6

Toute institution assujettie à la Loi sur l’accès à l’information peut demander à la Commissaire l’autorisation de ne pas donner suite à une demande. L’institution peut se prévaloir de cette mesure lorsqu’elle estime que la demande est vexatoire, entachée de mauvaise foi ou constitue autrement un abus du droit de faire une demande de communication. 

En 2025-2026, la Commissaire a reçu 15 demandes d’autorisation : 11 ont été terminées et 2 ont été reportées de l’exercice précédent. Par conséquent, 6 sont en cours.  

Dans sa décision 2026 CI 18, la Commissaire a conclu que l’estimation de l’institution (environ 30 000 pages pertinentes suivant une recherche préliminaire par mots-clés) était plausible, vu le nombre de maladies rares et la vaste portée de la demande qui visait une période de 20 ans. Elle a reconnu que le traitement d’une telle quantité de documents constituerait un fardeau excessif pour l’institution, compte tenu de sa taille et de ses capacités très limitées. La Commissaire a aussi conclu qu’une partie de la demande, qui concernait essentiellement tous les documents relatifs aux maladies rares sur une période de deux décennies, était trop vaste et constituait un abus du droit d’accès, car son traitement entraverait de façon sérieuse le fonctionnement de l’institution. 

Dans sa décision 2026 CI 08, la Commissaire a conclu que la demande d’accès de 42 pages (renfermant 196 points, dont beaucoup à plusieurs volets) était très vaste, d’autant plus que la personne qui l’a faite en avait élargi la portée en raison de ses clarifications. La vaste portée de cette demande, les multiples exigences en matière de formats et de métadonnées, et les nombreux bureaux de première responsabilité concernés dépassaient le cadre d’un exercice légitime du droit d’accès. Même si la personne n’avait pas d’intention manifeste d’imposer un fardeau à l’institution, sa demande exerçait une pression considérable à cette dernière et créait un sentiment de harcèlement chez le personnel. La Commissaire a conclu que la demande d’accès constituait un abus du droit d’accès.

En dernier lieu, dans sa décision 2025 CI 63, la Commissaire a conclu que la demande d’accès constituait un abus du droit d’accès parce qu’il s’agissait du double d’une demande antérieure faite dans le seul but de réinitialiser le délai dont disposait la personne qui l’a présentée pour déposer une plainte concernant un retard. La Commissaire a conclu que la demande redondante n’était pas justifiée et a précisé que la personne aurait dû respecter les délais prescrits pour déposer une plainte. Bref, la demande redondante était perçue comme une façon de contourner ces délais. Elle a aussi conclu que le fait que la personne utilisait souvent des documents issus de demandes antérieures pour en générer de nouvelles créait un effet de boucle qui, bien qu’insuffisant en soi pour prouver que la demande en cause constituait un abus, indiquait néanmoins le caractère abusif de la demande.


Aperçu du rendement de certaines institutions en 2025-2026 

Problèmes persistants au Bureau du Conseil privé 

Certaines préoccupations persistent quant au rendement du Bureau du Conseil privé (BCP) en matière de règlement des plaintes. La Commissaire en a fait part au greffier du Conseil privé lors d’une réunion tenue en novembre 2025. 

 

Bureau du Conseil privé — de 2021–2022 à 2025–2026

Version textuelle

Bureau du Conseil privé, de 2021–2022 à 2025–2026

Bureau du Conseil privé, 2021–2022 à 2025–2026 
ExercicePlaintes déposéesPlaintes concluesOrdonnances rendues
2021–20221101140
2022–202317220312
2023–202421816925
2024–202521925542
2025–202621722563

En tant qu’organisme central chargé de soutenir le premier ministre et le Cabinet, tout en aidant le gouvernement fédéral à mettre en œuvre sa vision, ses objectifs et ses décisions, le BCP doit faire preuve d’un engagement clair et constant en faveur de la transparence et du traitement des demandes d’accès en temps opportun.

En 2025-2026, la Commissaire a rendu 63 ordonnances à l’égard du BCP, un nombre sans précédent pour cette institution. Celles-ci font suite à un résultat de plainte fondée et représentent 28 % de toutes les plaintes déposées contre le BCP et conclues au cours de l’exercice. Il s’agit en fait d’une hausse par rapport à 16 % en 2024-2025 et à 15 % en 2023-2024. Le pourcentage de 2025-2026 est aussi nettement supérieur à la moyenne de l’ensemble des institutions, qui se situe à 8,6 %. Il convient de mentionner que les ordonnances rendues à l’égard du BCP concernaient des plaintes de refus et représentaient 19 % de toutes les ordonnances rendues en 2025-2026 pour ce type de plaintes.  

De plus, sur 10 enquêtes ayant donné lieu à une ordonnance, le BCP n’a pas avisé la Commissaire de son intention d’y donner suite ou non, comme l’exige la Loi.   

Dans un cas, le BCP a refusé de communiquer les signatures manuscrites et les initiales de hauts fonctionnaires apposées sur des documents internes au motif qu’il s’agissait de renseignements personnels. Bien qu’il ait été informé de l’avis préliminaire du Commissariat, de même que de l’agrément du commissaire à la protection de la vie privée par rapport à cette question (soit que ces renseignements ne constituent pas des renseignements personnels lorsqu’ils sont créés dans le cadre de fonctions officielles), le BCP a maintenu sa position. La Commissaire a fini par ordonner la communication des renseignements en cause. Même si le BCP continuait d’estimer qu’il s’agissait de renseignements personnels, il a communiqué les renseignements après avoir obtenu le consentement des personnes concernées.

Des préoccupations subsistent également concernant les processus internes et la structure de délégation au BCP. Dans le cadre d’une enquête, la Commissaire a recommandé que le greffier revoie les processus internes de consultation et d’approbation du BCP afin d’en améliorer l’efficacité et d’assurer le respect des délais prescrits. Le greffier n’a pas fait savoir s’il avait l’intention de donner suite à cette recommandation, et aucune amélioration n’a été constatée lors d’enquêtes subséquentes.

Le premier ministre délègue de vastes pouvoirs au BCP en matière d’accès à l’information, lesquels sont conférés au greffier, à la haute direction, aux secrétaires adjoints, aux sous-ministres adjoints et aux autres cadres supérieurs. Quant au coordonnateur de l’AIPRP, ses pouvoirs délégués sont limités. Il n’est d’ailleurs pas habilité à faire des observations au Commissariat lors d’enquêtes sur les plaintes. Un tel niveau de contrôle accroît la durée et la complexité des enquêtes, car les agents responsables de l’AIPRP doivent consulter des unités opérationnelles, et ce, même pour des renseignements de base. Les processus d’approbation sont souvent lourds, et le Commissariat reçoit souvent des demandes du BCP visant à prolonger le délai de réponse aux demandes de renseignements simples parce que les fonctionnaires délégués ne sont pas disponibles. 

Qui plus est, une grande proportion de plaintes de refus faisant l’objet d’une enquête concernent des documents historiques datant des années 1940 jusqu’au début des années 1990. Au cours de ces enquêtes, il s’est avéré que le BCP accorde une grande importance aux consultations menées avec d’autres institutions pour évaluer si les documents trouvés peuvent être communiqués en réponse aux demandes d’accès.

En cette époque où la mésinformation se propage et le scepticisme du public s’accentue, le système d’accès à l’information est un moyen pour la fonction publique fédérale de rendre des comptes et de renforcer la confiance du public envers les institutions gouvernementales, en faisant preuve d’une plus grande ouverture et transparence.

Commissaire à l’information du Canada, juillet 2025
Lettre au greffier du Conseil privé


Améliorations sur le plan de la conformité à Bibliothèque et Archives Canada et au ministère de la Défense nationale 

Bien que le BCP éprouve certaines difficultés, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) et le ministère de la Défense nationale (MDN) montrent, quant à eux, des signes d’amélioration.  

En réponse aux recommandations de la Commissaire à la suite de son enquête systémique menée en 2022, BAC poursuit la publication de rapports d’étape semestriels sur son Plan d’action sur l’AIPRP.   

Ces rapports d’étape décrivent les initiatives que prend BAC afin de réduire l’arriéré de plaintes, de mettre en œuvre un nouvel instrument de délégation concernant l’AIPRP pour simplifier le traitement des demandes et d’offrir davantage de formations.

Grâce aux efforts déployés par BAC, le nombre de plaintes à son encontre dans l’inventaire du Commissariat a diminué de façon constante, passant de 266 en 2021-2022 (son niveau le plus élevé) à 101 en mars 2026. De même, le nombre d’ordonnances rendues à son égard a considérablement baissé, passant de 109 en 2023-2024 à 16 en 2025-2026.  

Après avoir constaté une forte augmentation du nombre de plaintes en 2024-2025, nous avons observé une baisse constante du nombre de plaintes contre le MDN dans l’inventaire en 2025-2026.  

Bien que le nombre d’ordonnances rendues par la Commissaire à l’égard du MDN soit demeuré stable ces deux derniers exercices, il devrait diminuer au cours de l’exercice à venir, suivant la baisse du nombre de plaintes dans l’inventaire.  

Depuis la modification de la Loi en 2019, la Commissaire est habilitée à rendre des ordonnances. C’est d’ailleurs BAC et le MDN qui en ont reçu le plus grand nombre. 

À la suite des observations formulées dans le dernier rapport annuel, des efforts ciblés (dont la tenue de réunions avec les hauts dirigeants de ces institutions) se sont traduits par des progrès notables. Une plus grande collaboration entre le Commissariat et chacune de ces institutions a été notée, ainsi qu’un engagement clair de la part de la direction et une attention accrue relativement au financement et aux ressources.

Bibliothèque et Archives Canada — de 2021–2022 à 2025–2026

Version textuelle

Bibliothèque et Archives Canada — de 2021–2022 à 2025–2026

Bibliothèque et Archives Canada, 2021–2022 à 2025–2026 
ExercicePlaintes déposéesPlaintes concluesOrdonnances rendues
2021–202290451
2022–20231261587
2023–2024101194109
2024–202517818948
2025–202610914016

 

Ministère de la Défense nationale — de 2021–2022 à 2025–2026

Version textuelle

Ministère de la Défense nationale — de 2021–2022 à 2025–2026

Ministère de la Défense nationale, 2021–2022 à 2025–2026 
ExercicePlaintes déposéesPlaintes concluesOrdonnances rendues
2021–2022691310
2022–202314615322
2023–202411913045
2024–202538133264
2025–202623928767

La mise en œuvre du pouvoir d’ordonnance

Lorsqu’une plainte est fondée, la Commissaire peut rendre une ordonnance relativement à un document afin que l’institution se conforme à la Loi. L’institution est tenue de donner entièrement suite à cette ordonnance, à moins qu’elle n’exerce un recours en révision devant la Cour fédérale relativement à l’objet de l’ordonnance. 

Peu de plaintes donnent lieu à des ordonnances

La grande majorité des plaintes conclues à l’issue d’une enquête ne nécessitent pas une ordonnance de la Commissaire. En fait, dans la plupart des cas, cette dernière cesse de faire enquête parce qu’il n’est plus nécessaire de la poursuivre du fait que les parties plaignantes ont eu accès à des renseignements supplémentaires ou ont reçu une réponse à leur demande d’accès à la suite de l’intervention du Commissariat.  

En 2025-2026, la Commissaire a rendu 340 ordonnances, ce qui représente moins de 9 % de toutes les plaintes conclues à l’issue d’une enquête et 55 % de toutes les plaintes fondées.  

Ces ordonnances ont été rendues parce que tous les autres moyens visant à faire respecter la Loi s’étaient révélés inefficaces. 

 

Plaintes conclues à l'issue d'une enquête et ayant donné lieu à des ordonnances, de 2020-2021 à 2025-2026

Version textuelle

Plaintes conclues à l'issue d'une enquête et ayant donné lieu à des ordonnances, de 2020-2021 à 2025-2026

Plaintes conclues à l'issue d'une enquête et ayant donné lieu à des ordonnances, de 2020-2021 à 2025-2026 
ExercicePourcentage (nombre) d'ordonnances renduesNombre de plaintes conclues à l'issue d'une enquête
2020–202124 060
2021–2022276 787
2022–20231578 089
2023–20243104 183
2024–20253754 108
2025–20263403 955

 

La plupart des ordonnances concernent des retards 

Dans la plupart des cas, la Commissaire rend des ordonnances relatives à des plaintes concernant un retard ou une prorogation de délai et ordonne aux institutions de se conformer à la Loi en répondant à la demande d’accès.

Très peu d’ordonnances font l’objet d’un recours en révision devant la Cour fédérale   

Lorsque la Commissaire rend une ordonnance à l’égard d’une institution, cette dernière a deux options : 

  • s’y conformer;
  • exercer un recours en révision devant la Cour fédérale de toute question dont traite l’ordonnance. 

En 2025-2026, 6 institutions ont exercé un tel recours, pour un total de 22 demandes de révision. Elles représentent environ 6 % de toutes les ordonnances rendues et moins de 1 % des plaintes conclues à l’issue d’une enquête. 

Ordonnances rendues, selon le type de plaintes, 2025-2026

Version textuelle

Ordonnances rendues, selon le type de plaintes, 2025-2026

Ordonnances rendues, selon le type de plaintes, 2025-2026 
Type de plaintesOrdonnances renduesPourcentage
Plaintes concernant un retard22566 %
Plaintes relatives à une prorogation de délai6319 %
Plaintes de refus5215 %
Total340100 %

Ordonnances de la Commissaire à l’égard desquelles un recours en révision devant la Cour fédérale a été exercé, 2025-2026 

Federal Court reviews of Commissioner’s orders, 2025–26
InstitutionsPlaintes concernant un retard Plaintes concernant une prorogation de délai Plaintes de refus  

Société Radio-Canada 

  

Société canadienne d’hypothèques et de logement 

  

Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada  

  

Santé Canada 

  

Bibliothèque et Archives Canada 

13 

 

Bureau du Conseil privé 

  

Les recours de révision exercés contestent surtout les dates de réponse prescrites 

Les recours en révision exercés devant la Cour fédérale relativement aux plaintes concernant un retard ou une prorogation de délai découlaient du fait que la Commissaire avait ordonné à l’institution de répondre à la demande d’accès au plus tard à une date donnée. Dans chaque cas, l’institution a contesté la date de réponse prescrite.

Parmi les demandes de révision relatives aux plaintes concernant un retard ou une prorogation de délai déposées à la Cour en 2024-2025, 16 ont été reportées à l’exercice 2025-2026. Le ministre de la Défense nationale était le demandeur dans 13 de ces instances, alors que le ministre du Patrimoine canadien l’était dans les 3 autres cas.  

Sur les 16 demandes de révision reportées, 15 ont fait l’objet d’un désistement parce que l’institution a répondu à la demande d’accès avant la fin de la procédure judiciaire; 47 % ont fait l’objet d’un désistement dans les six mois suivant le dépôt de la demande de révision. Une seule demande de révision a fait l’objet d’une audience, et la décision de la Cour est en attente (dossier T-418-25). 

En 2025-2026, 18 nouvelles demandes de révision relatives à des plaintes concernant un retard ou une prorogation de délai ont été déposées à la Cour, dont 16 par le ministre de Patrimoine canadien. Au cours de la même période, 16 demandes de révision ont fait l’objet d’un désistement de la part des institutions concernées après qu’elles ont fourni une réponse à la demande d’accès. Parmi celles-ci, 94 % ont fait l’objet d’un désistement dans les six mois suivant le dépôt de la demande de révision par l’institution. 

Dans la plupart des demandes de révision relatives aux plaintes concernant un retard ou une prorogation de délai, le retard pris pour répondre à la demande d’accès était surtout attribuable au fait que les bureaux de première responsabilité ne respectaient pas les délais fixés pour trouver les documents pertinents ou que les consultations menées auprès d’autres institutions étaient trop longues.

Les ordonnances permettent d’obtenir les résultats escomptés

Depuis 2019, le pouvoir de rendre des ordonnances de la Commissaire a considérablement influencé le système d’accès. L’exemple qui suit illustre comment ce pouvoir peut permettre de réduire le délai de réponse aux demandes d’accès. À la fin de l’exercice 2025-2026, CBC/Radio-Canada a diffusé une série de reportages sur des dossiers de renseignement datant de 50 ans. Une partie du contenu présenté dans les reportages, en particulier un dossier concernant la National Indian Brotherhood [Fraternité nationale des Indiens], avait fait l’objet d’une ordonnance à l’égard de BAC suivant une plainte concernant une prorogation de délai. 

L’ordonnance de la Commissaire et l’enquête du Commissariat ont ainsi contribué à la divulgation en temps opportun de documents utilisés dans le cadre de ces reportages, y compris un documentaire télévisé portant sur un programme secret de la GRC visant à espionner les organisations autochtones [en anglais seulement].

Les ordonnances et les demandes de révision ont contribué à raccourcir les délais de réponse

Ordonnances relatives aux plaintes concernant un retard : Dans le cadre d’une plainte concernant un retard, la Commissaire évalue si une institution a respecté son obligation de répondre à la demande d’accès dans les délais prescrits par la Loi. Lorsqu’elle conclut qu’une institution n’a pas satisfait à cette obligation, elle peut rendre une ordonnance exigeant que l’institution fournisse à la partie plaignante une réponse au plus tard à une date donnée.

Une réponse fait référence aux obligations qui incombent à l’institution en vertu des articles 7 et 10 de la Loi, soit d’aviser par écrit la personne qui a fait la demande d’accès afin de lui indiquer si les documents demandés lui seront communiqués, en tout ou en partie. Si l’accès aux documents est refusé, l’institution est tenue de motiver ce refus. 

Ordonnances relatives aux plaintes concernant une prorogation de délai : Lorsqu’une institution nécessite plus de temps pour répondre à une demande d’accès, la Loi lui permet de proroger le délai de réponse dans une mesure raisonnable. Si la Commissaire conclut que cette prorogation est déraisonnable ou motivée par des raisons illégitimes, ou que l’institution n’a pas respecté les critères prévus par la Loi pour prendre cette prorogation, elle peut ordonner à l’institution de répondre à la demande au plus tard à une date donnée. 

Ordonnances relatives aux plaintes de refus : L’objet des ordonnances relatives aux plaintes de refus varie en fonction de la nature du refus en cause. Ces ordonnances peuvent découler notamment de plaintes concernant l’application, par une institution, d’exception ou d’exclusions prévues par la Loi, le caractère adéquat des recherches effectuées pour trouver les documents pertinents, le versement de droits ou la communication de documents dans une langue officielle donnée ou dans un autre format. Lorsque la Commissaire conclut qu’une plainte de refus est fondée, elle peut ordonner à l’institution de communiquer les documents, en tout ou en partie, ou d’effectuer des recherches supplémentaires et, si des documents pertinents sont trouvés, de fournir une nouvelle réponse à la partie plaignante. 

Dans le cas de toutes les demandes de révision relatives aux plaintes concernant une prorogation de délai déposées en 2025-2026, la Commissaire a conclu que la durée de la prorogation prise était déraisonnable. Elle a ordonné à chaque institution de répondre à la demande d’accès avant l’expiration du délai prorogé.

Les institutions ont contesté les conclusions de la Commissaire en lien avec le caractère raisonnable des prorogations et les dates de réponse prescrites. Dans 69 % des cas, elles ont fourni des réponses aux demandes d’accès entre deux mois et deux ans avant l’expiration du délai prorogé et ont retiré leurs demandes de révision.

 

Ordonnances rendues : les 10 principales institutions, 2025-2026

Version textuelle

Ordonnances rendues : les 10 principales institutions, 2025-2026

Ordonnances rendues : les 10 principales institutions, 2025-2026 
InstitutionOrdonnances rendues
Ministère de la Défense nationale67
Bureau du Conseil privé63
Transports Canada32
Santé Canada30
Agence du revenu du Canada22
Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada19
Bibliothèque et Archives Canada16
Affaires mondiales Canada12
Services publics et Approvisionnement Canada10
Services aux Autochtones Canada7

Au chapitre des litiges

En 2025-2026, quatre demandes de révision relatives à des plaintes de refus ont été déposées à la Cour fédérale. En voici deux exemples :

Société Radio-Canada (dossier T-3985-25)

La demande d’accès visait à obtenir le nombre d’abonnés payants au service Gem, le service anglophone de diffusion en continu de la Société Radio-Canada (SRC). La Commissaire a conclu que la plainte était fondée du fait que la SCR avait erronément refusé de communiquer des renseignements en vertu de l’alinéa 18b) (compétitivité des institutions fédérales ou négociations des institutions fédérales). Elle a aussi conclu que les renseignements ne se rapportaient pas aux activités journalistiques, créatives ou de programmation de la SCR, mis à part les renseignements se rapportant à son administration, et, par conséquent, ils n’étaient pas exclus de la Loi en vertu de l’article 68.1. La Commissaire a ordonné à la SCR de communiquer le nombre d’abonnés payants au service Gem. 

Dans sa demande de révision, la SRC soutient que la communication des renseignements visés par l’ordonnance doit être refusée en vertu de l’alinéa 18b) et que ces mêmes renseignements sont exclus de l’application de la Loi en vertu de l’article 68.1.

Ministre des Relations Couronne-Autochtones et des Affaires du Nord Canada (dossiers T-3653-25 et T-1350-26)

La ministre des Relations Couronne-Autochtones et des Affaires du Nord Canada a déposé deux demandes de révision découlant de demandes d’accès distinctes qui visent le même document, soit un accord de règlement entre le Canada et la Nation Squamish signé en 2000. 

Dans l’une des plaintes, il est allégué que la ministre avait erronément refusé de communiquer des renseignements en vertu des alinéas 20(1)b) (renseignements financiers, commerciaux, scientifiques ou techniques confidentiels de tiers), 20(1)c) (pertes ou profits financiers d’un tiers) et 20(1)d) (négociations d’un tiers) ainsi que de l’article 23 (secret professionnel de l’avocat et privilège relatif à un litige).   

Dans l’autre plainte, il est allégué que la ministre avait erronément refusé de communiquer des renseignements en vertu des alinéas 18b) (compétitivité des institutions fédérales ou négociations des institutions fédérales), 20(1)b) (renseignements financiers, commerciaux, scientifiques ou techniques confidentiels de tiers), 20(1)c) (pertes ou profits financiers d’un tiers) et 20(1)d) (négociations d’un tiers) ainsi que de l’article 23 (secret professionnel de l’avocat et privilège relatif à un litige) et du privilège relatif aux règlements en common law.  

La Commissaire a conclu que les deux plaintes étaient fondées et a ordonné la communication de l’accord de règlement dans son intégralité. Dans ses demandes de révision, la ministre soutient que la communication des renseignements visés par l’ordonnance doit être refusée. La première demande de révision (dossier T-3653-25) est en suspens jusqu’à ce que la Cour rende une décision dans l’affaire Ministre des Services aux Autochtones c. Commissaire à l’information du Canada, (dossier T-1556-24). Dans le cas de la seconde demande de révision (dossier T-1350-26), la partie plaignante a récemment déposé un avis de comparution afin d’être ajoutée à titre de partie à l’instance.

Autre litige en cours

Procureur général du Canada c. le Secrétariat de l’Office de surveillance des activités en matière de sécurité nationale et de renseignement (dossier T-3153-25) 

La Commissaire a demandé l’autorisation d’intervenir dans le cadre de la demande de contrôle judiciaire présentée par le procureur général du Canada en vertu de l’article 18.1 de la Loi sur les Cours fédérales, laquelle vise à annuler la décision du Secrétariat de l’Office de surveillance des activités en matière de sécurité nationale et de renseignement (OSSNR) de communiquer et de publier des renseignements faisant l’objet d’une demande d’accès. Le procureur général allègue que l’OSSNR n’a pas appliqué les exceptions en vertu de la Loi, comme le proposait le MDN lors de consultations intergouvernementales. 

C’est la première fois que la Cour fédérale pourrait être amenée à statuer sur la bonne application des exceptions pour empêcher la communication de renseignements faisant l’objet d’une demande d’accès au-delà du cadre législatif de la Loi.

Décision de la Cour fédérale quant à la recevabilité d’une plainte

Moreau c. Canada (Procureur général), 2025 CF 1036

La Cour fédérale a rejeté une demande de contrôle judiciaire après avoir tranché que la Commissaire avait raisonnablement conclu à l’irrecevabilité de la plainte. La Cour a souscrit à la conclusion selon laquelle le demandeur n’avait pas respecté les instructions obligatoires au moment de faire sa demande d’accès, de sorte qu’elle n’a jamais été reçue par l’institution. 

Mandamus 

Ministre de la Santé (dossier T-4586-25) 

En novembre 2025, la Commissaire a fait une demande de bref de mandamus contre la ministre de la Santé du fait que Santé Canada n’avait ni donné suite à son ordonnance, qui l’exigeait de fournir une réponse à une demande d’accès au plus tard à une date donnée, ni exercé un recours en révision devant la Cour fédérale. L’affaire a fait l’objet d’un désistement le 9 mars 2026 après que la ministre a entièrement donné suite à l’ordonnance de la Commissaire.  

Pour en savoir plus sur les affaires judiciaires se rapportant à la 
Loi sur l’accès à l’information et dans le cadre desquelles la Commissaire a pris part en tant que partie ou intervenante, veuillez consulter la page Affaires judiciaires sur le site Web du Commissariat. 

La commissaire à l'information du Canada, l'air neutre, est appuyé contre une fenêtre de son bureau.

Détails

Question d’accès : la difficulté d’utiliser des plateformes de collaboration en l’absence de gouvernance appropriée. Enquête concernant l’accès aux renseignements relatifs à ArriveCAN.

Préface de la Commissaire 

Les institutions fédérales s’appuient de plus en plus sur des plateformes infonuagiques, des applications mobiles, des outils de messagerie instantanée et des canaux de communication décentralisés pour offrir des programmes et des services. Ces outils peuvent favoriser l’innovation et accélérer la prise de décisions. Cependant, lorsque ces outils sont mis en œuvre sans être encadrés par des règles claires, des exigences uniformes en matière de conservation de l’information ou une surveillance efficace, leurs utilisateurs exercent des activités gouvernementales en dehors des cadres établis de gestion de l’information. Ils compromettent ainsi le droit d’accès à l’information. 

L’innovation ne doit pas se faire au détriment de la transparence et l’efficacité ne doit pas être obtenue au détriment de la responsabilité. Le droit d’accès est un droit en vertu de la loi qui ne peut pas être annulé en période d’urgence ou dans l’intérêt de l’efficacité opérationnelle. L’utilisation d’outils numériques ne doit pas non plus affaiblir le droit d’accès à l’information. Afin de pouvoir être localisés et récupérés, les documents concernant les activités et les décisions liées aux affaires gouvernementales doivent être conservés et sauvegardés de manière appropriée, quel que soit le format ou la plateforme. Une fois qu’une demande d’accès est reçue, aucun document pertinent ne peut être supprimé, y compris ceux qui seraient autrement considérés comme éphémères. 

Bien que cette enquête fasse suite à l’initiative ArriveCAN, les problèmes sous-jacents qu’elle a révélés ne lui sont pas propres et ne se limitent pas au contexte particulier de la pandémie de COVID-19. Ils témoignent de vulnérabilités structurelles plus larges qui affectent le droit d’accès et qui existent partout où des outils de collaboration numérique sont utilisés sans être encadrés par des mécanismes appropriés de gouvernance, de surveillance ou de gestion de l’information. Maintenant que ces outils sont de plus en plus intégrés aux activités gouvernementales, le défi du point de vue de l’accès consiste à veiller à ce que l’information soit gérée adéquatement afin que les institutions soient davantage en mesure de fournir des réponses complètes aux demandes d’accès en temps opportun. 

Les politiques et les pratiques en matière de gouvernance, de surveillance et de gestion de l’information n’ont pas évolué au même rythme que l’intégration des outils numériques en milieu de travail. J’incite le gouvernement et tous les parlementaires à accorder l’attention nécessaire aux questions que j’ai soulevées dans le présent rapport. Mes observations et recommandations devraient se refléter dans les instruments de politique et de surveillance, ainsi que dans la Loi sur l’accès à l’information.  

J’incite également l’ensemble des institutions fédérales à réviser et à renforcer leur gouvernance, leur surveillance et leur gestion de l’information à l’interne en se fondant sur mes recommandations à l’intention de l’Agence des services frontaliers du Canada. 

Caroline Maynard's signature

 

 

 

Caroline Maynard
Commissaire à l’information du Canada

Lorsque le moment viendra, et il viendra, de rendre compte de toutes les mesures prises et des vastes ressources financières déployées par le gouvernement durant cette urgence, les Canadiens s’attendront à avoir un portrait complet des données, des délibérations et des décisions sur les politiques qui ont déterminé la réponse globale du Canada à la COVID-19. 

Commissaire à l’information du Canada, avril 2020 
L’accès à l’information en cette période extraordinaire

Introduction 

En mars 2020, le premier ministre a annoncé diverses mesures en réaction à la pandémie de COVID-19, notamment des restrictions de voyage et un dépistage renforcé aux aéroports. À l’appui de ces mesures, l’Agence de la santé publique du Canada a demandé à l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) de recueillir des renseignements auprès des voyageurs, dont leurs coordonnées et les renseignements relatifs à leur état de santé, afin de donner suite aux ordonnances d’urgence émises par le gouvernement. Les processus papier existants étant inadéquats à ces fins, l’application ArriveCAN a été développée rapidement dès avril 2020.  

L’application ArriveCAN a été conçue et déployée dans un contexte où l’urgence était soutenue, les directives en matière de santé publique changeaient constamment et les délais étaient serrés. L’application a évolué rapidement en fonction des besoins opérationnels et des décisions politiques. 

Des préoccupations ont par la suite été soulevées en ce qui a trait à l’accès à l’information, à la suite d’allégations selon lesquelles des documents relatifs à ArriveCAN ont été détruits alors qu’ils étaient visés par une demande de renseignements présentée en vertu de la Loi sur l’accès à l’information. Pour faire suite à ces allégations, la Commissaire à l’information a entrepris en février 2024 une enquête concernant les questions relatives à la demande ou à l’obtention de documents concernant ArriveCAN.

Enquête 

L’enquête du Commissariat à l’information était vaste et complexe. Elle a nécessité l’examen de nombreux rapports et documents sources, une analyse des demandes d’accès et des plaintes liées à ArriveCAN, ainsi que de nombreuses observations. Le Commissariat a également interrogé d’anciens et actuels membres du personnel de l’ASFC à divers échelons. 

L’ASFC, et en particulier son bureau de l’accès à l’information et de la protection des renseignements personnels (AIPRP), a pleinement collaboré avec le Commissariat lors de son enquête et a répondu à toutes les questions, demandes de documents et demandes de précisions. 

Le compte rendu de l’enquête sur ArriveCAN, qui porte sur deux obligations essentielles en vertu de la Loi, à savoir l’exhaustivité et le respect des délais par l’ASFC dans ses réponses aux demandes d’accès relatives à ArriveCAN, ainsi que la réponse de la présidente de l’ASFC aux recommandations de la Commissaire ont été publiés sur le site Web du Commissariat.

Le présent rapport aborde deux enjeux importants qui découlent de l’enquête. Le premier est la destruction alléguée de documents. Le second est l’adoption de Slack par l’équipe du projet ArriveCAN en tant qu’outil de communication et de collaboration interne dès le début de la pandémie de COVID-19, sans tenir suffisamment compte des obligations en matière d’accès à l’information. 

Il présente aussi un résumé des recommandations découlant de l’enquête et examine leurs implications pour le gouvernement du Canada dans son ensemble. 

Destruction alléguée de documents 

Selon les allégations rapportées par le Globe and Mail (en anglais seulement), le vice-président et chef de l’information de l’ASFC aurait géré les courriels d’une manière ayant entraîné la destruction permanente de courriels et d’autres documents qui auraient pu être pertinents pour une demande d’accès à l’information concernant les interactions de l’ASFC avec GC Strategies.  

Ces allégations ont été largement discutées dans les médias et lors de réunions de comités parlementaires. L’enquête a permis de conclure ce qui suit : 

  • La demande d’accès à l’information à l’origine de ces allégations ne visait pas des documents relatifs à ArriveCAN, mais certains des documents touchés par la perte de données auraient pu être à ce sujet.
  • Des documents ont été perdus lorsque le fichier de stockage personnel Microsoft Outlook du vice-président (fichier PST) a été corrompu lors d’un transfert de données vers un nouvel ordinateur portable.
  • Le vice-président a fourni des efforts raisonnables pour tenter de récupérer les fichiers corrompus, avant et après la réception de la demande d’accès pertinente.
  • Les efforts de récupération ont permis de récupérer certains fichiers Outlook, mais le fichier PST d’origine n’a jamais été récupéré intégralement.   
  • Les documents récupérés ont été examinés et aucun document supplémentaire pertinent dans le cadre de la demande d’accès n’a été repéré.
  • Bien que certains documents conservés dans celui-ci aient pu être définitivement perdus, le fichier PST était destiné à être une copie de sauvegarde des fichiers Outlook et, selon les éléments de preuve examinés, l’information existait ailleurs. 

Après avoir examiné les éléments de preuve fournis par l’ASFC et mené des entrevues avec des témoins, la Commissaire n’a trouvé aucune preuve d’une infraction aux termes du paragraphe 67.1(1) de la Loi. Elle n ’a donc divulgué aucun renseignement à ce sujet au procureur général du Canada.

Incidence de l’utilisation de Slack par l’ASFC sur l’exhaustivité des réponses 

L’enquête a révélé que l’ASFC utilisait Slack afin de favoriser la collaboration entre les personnes travaillant au développement de l’application ArriveCAN. À une seule exception près, aucune recherche de documents n’a été effectuée dans Slack en réponse à des demandes d’accès afin de s’assurer qu’une recherche raisonnable de documents avait été effectuée. À la fin du projet, Slack a été supprimé sans qu’aucune vérification ne soit effectuée pour savoir si les documents s’y trouvant auraient pu être pertinents dans le cadre de demandes d’accès actives.   

Slack est une plateforme de messagerie et de collaboration axée sur les activités professionnelles. Elle permet le clavardage en temps réel, le partage de fichiers de même que les appels audio et vidéo, et il est intégré à d’autres outils. La Direction générale de l’information, des sciences et de la technologie de l’ASFC a mis en place Slack pour un petit nombre d’employés en 2019, avant la pandémie, alors qu’elle explorait de nouvelles façons de communiquer et de collaborer. À cette époque, les employés de l’ASFC n’avaient pas accès à MS Teams, qui n’a été disponible qu’en 2020. 

Selon l’ASFC, Slack était principalement utilisé à l’interne par des personnes occupant des postes de directeur et gestionnaire responsables de projets ainsi que de développeur de logiciel, d’analyste de l’assurance de la qualité, d’analyste d’expérience utilisateur, de même que par des développeurs et consultants contractuels. L’ASFC a indiqué qu’environ 180 utilisateurs inscrits, y compris des personnes qui n’étaient pas reliées à l’initiative ArriveCAN, se servaient de Slack pendant les trois années où cette plateforme a été utilisée à l’ASFC. Certains intervenants externes, comme les représentants techniques de sociétés spécialisées dans les logiciels et les applications mobiles, utilisaient également l’espace de travail Slack de l’ASFC pour communiquer avec des employés de l’ASFC.  

L’enquête a révélé qu’aucune politique ou directive formelle n’a été émise concernant le compte de courriel que les employés devaient utiliser pour accéder à Slack. L’examen des informations d’identification des utilisateurs pour l’espace de travail a révélé que certains employés de l’ASFC utilisaient aussi des adresses de courriel non gouvernementales pour accéder à la plateforme. 

À la suite des préoccupations soulevées par la Direction de la cybersécurité de l’ASFC et à la fin du financement d’ArriveCAN, l’ASFC a cessé d’utiliser Slack, et l’espace de travail a été supprimé en mai 2023. 

Étant donné que Slack a été supprimé neuf mois avant que la Commissaire entreprenne son enquête, le Commissariat n’a pas pu examiner le contenu de l’espace de travail Slack ni confirmer la nature et la valeur des renseignements qui y ont été créés, partagés et conservés. 

L’ASFC n’avait pas de sauvegardes ou de copies d’archives de l’espace de travail. Le Commissariat a donc examiné les éléments de preuve et les déclarations recueillies par l’Unité de l’intégrité professionnelle de l’ASFC, mené des entrevues avec des utilisateurs de Slack et sollicité des observations auprès de l’ASFC afin de mieux comprendre la nature des documents conservés sur Slack et leur pertinence possible dans le cadre des demandes d’accès relatives à ArriveCAN. 

La Commissaire a conclu que les renseignements échangés sur Slack par les membres du personnel de l’ASFC, les fournisseurs et les sous-traitants entre avril 2020 et mai 2023 étaient liés au développement, aux tests et à la maintenance d’ArriveCAN et que ces renseignements auraient pu être visés par les demandes d’accès reçues par l’ASFC concernant l’application. 

Au cours de l’enquête, l’ASFC a indiqué que les documents conservés sur Slack auraient été éphémères et/ou des copies de documents conservés dans ses dépôts officiels. 

L’enquête a révélé que l’ASFC a effectué une recherche dans Slack en réponse à une seule demande d’accès relative à ArriveCAN. L’ASFC a reconnu qu’aucune recherche n’avait été effectuée sur Slack dans le cadre de quelques autres demandes, alors qu’il aurait pu s’y trouver des communications pertinentes au sujet du contenu de celles-ci. L’enquête a également permis d’établir que le bureau de l’AIPRP n’était pas au courant de l’existence de Slack et n’a donc pas pu vérifier l’exhaustivité des documents qu’il a reçus des secteurs de programme en réponse aux demandes d’accès relatives à ArriveCAN, ni s’assurer que sa suppression soit reportée jusqu’à ce que tous les documents pertinents concernant les demandes d’accès en cours aient été repérés et récupérés. 

Recommandations 

À la fin de l’enquête, la Commissaire a formulé six recommandations au ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, dont relève l’ASFC. Ces mesures visent à renforcer la gouvernance, la surveillance et la gestion de l’information au sein de l’ASFC afin de veiller à ce que les droits d’accès soient respectés dans un environnement technologique en évolution.

La présidente de l’ASFC est d’accord avec chacune des recommandations de la Commissaire et a indiqué que l’ASFC prenait déjà des mesures pour renforcer ses pratiques de gestion de l’information. Le compte rendu final de l’enquête sur ArriveCAN, publié sur le site Web du Commissariat, comprend l’ensemble des recommandations ainsi que la réponse de la présidente aux recommandations de la Commissaire. 

Résumé des recommandations de la Commissaire à l’ASFC

  1. Mettre en œuvre des politiques formelles et documentées gouvernant l’utilisation d’outils de collaboration de tiers - Établir des politiques exhaustives régissant l’utilisation d’outils de collaboration de tiers comme Slack. Ces politiques devraient définir les types de renseignements qui peuvent être créés, partagés ou stockés sur ces plateformes, exiger le transfert des documents à valeur opérationnelle vers des dépôts officiels et interdire la suppression ou la mise hors service des plateformes sans que le bureau de l’AIPRP effectue une vérification préalable.
  2. Renforcer la surveillance de la tenue de documents relative aux projets majeurs et exiger des procédures documentées d’examen et de conservation avant de mettre les systèmes hors service - Exiger des examens documentés du contenu, la confirmation que tous les documents à valeur opérationnelle ont été sauvegardés dans les dépôts officiels, une consultation auprès du bureau de l’AIPRP pour établir si le système contient des renseignements pertinents dans le cadre de demandes d’accès existantes et l’approbation écrite d’une autorité compétente avant la suppression de tout système ou espace de travail.
  3. Interdire ou réglementer strictement l’utilisation de comptes de courriel non gouvernementaux pour les activités de l’ASFC - Adopter une politique formelle restreignant l’utilisation de comptes de courriel non gouvernementaux, sauf s’ils sont expressément autorisés. Lorsqu’il y a des exceptions, exiger une justification documentée, s’assurer que tous les documents à valeur opérationnelle sont transférés vers des dépôts officiels, faire des recherches dans ces comptes lorsqu’ils sont pertinents dans le cadre de demandes d’accès et surveiller la conformité. 
  1. Réduire le recours aux dispositifs de stockage personnel - Déconseiller l’utilisation des fichiers PST (format de fichier utilisé pour archiver les données Outlook, notamment les courriels, les contacts, les calendriers, les tâches et les notes), des lecteurs locaux et des plateformes informelles, et exiger que tous les documents à valeur opérationnelle soient sauvegardés dans des dépôts approuvés tels que le système officiel de gestion électronique des documents et des dossiers du gouvernement du Canada, afin d’améliorer la gouvernance, la traçabilité et la conformité.
  2. Procéder à des vérifications périodiques des pratiques de gestion de l’information - Effectuer des vérifications périodiques des projets majeurs afin de s’assurer que les documents à valeur opérationnelle sont correctement conservés et sauvegardés, et que l’élimination ou la mise hors service des systèmes se font suivant les règles de conservation et d’élimination, et les responsabilités en matière de gestion de l’information sont clairement attribuées et surveillées.
  3. Renforcer la fonction d’analyse critique du bureau de l’AIPRP - S’assurer que le bureau de l’AIPRP est informé de tous les dépôts d’information et outils de communication utilisés, exiger que les secteurs de programme fournissent une justification claire lorsqu’ils excluent certains dépôts de leurs recherches, formaliser les attentes concernant la façon dont le bureau de l’AIPRP assume son rôle d’analyse critique lors de l’examen des recherches, et fournir de la formation et des outils pour l’aider à cerner les lacunes potentielles dans les recherches. 

Enjeux soulevés qui dépassent l’enquête sur ArriveCAN

L’un des enjeux soulevés par l’enquête du Commissariat est le fait que les pratiques de travail numérique modernes peuvent poser problème quant au respect des obligations en matière d’accès à l’information lorsque les cadres de gouvernance, de surveillance et de gestion de l’information n’évoluent pas au même rythme que les réalités opérationnelles.  

Les enjeux soulevés, qui sont examinés ci-dessous, reflètent les pressions structurelles qui découlent du recours à de multiples outils de travail décentralisés sans qu’ils fassent l’objet d’une surveillance suffisante de la part de l’institution ou qu’on tienne compte du fait qu’ils pourraient contenir des documents pertinents dans le cadre de demandes d’accès et, par conséquent, que ces documents doivent être conservés, recherchés et récupérés. 

L’enquête montre également que les difficultés liées à l’accès dans les environnements numériques ne sont pas nécessairement causées par des limites techniques. Elles découlent de lacunes sur le plan de la gouvernance, à savoir des politiques, des rôles et des contrôles qui ne correspondent pas à la façon dont le travail est effectué. Dans de telles circonstances, les institutions pourraient ne pas être en mesure de vérifier que tous les dépôts pertinents ont été repérés, que les documents ont été conservés ou que les recherches effectuées satisfont aux critères d’une recherche raisonnable. 

Bien que l’ASFC ait utilisé Slack dans une situation exceptionnelle, les défis connexes qui ont été soulevés dans le cadre de cette enquête sont déjà communs au sein du gouvernement, maintenant que les outils de collaboration numérique sont intégrés aux activités courantes. À défaut d’établir des responsabilités claires, d’adopter des pratiques constantes et d’assurer une surveillance active, les institutions pourraient avoir de plus en plus de difficulté à respecter leurs obligations en matière d’accès à l’information dans le cadre des programmes et des initiatives. 

L’ensemble de ces enjeux montre qu’il y a un écart entre les méthodes de travail modernes et les politiques visant à favoriser l’accès à l’information et la gestion de l’information. Afin de combler cet écart et pour que les modèles de gouvernance reflètent les pratiques numériques actuelles, il faut faire preuve d’un engagement et d’un leadership fermes, tout en préservant le droit d’accès à l’information et en assurant la transparence et la responsabilité.
 

Les institutions sont responsables des documents qui relèvent d’elles

Les renseignements qui relèvent d’une institution sont assujettis à la Loi, peu importe la manière dont ils ont été créés ou l’endroit où ils sont conservés 

La Loi prévoit un droit d’accès aux documents relevant des institutions fédérales. L’obligation qui incombe à une institution de communiquer des documents ne se limite pas aux documents en sa possession physique. Les documents relatifs aux activités institutionnelles peuvent donc être communiqués dans le cadre d’une demande d’accès, même s’ils sont conservés sur des systèmes autres que ceux approuvés par le gouvernement, tels que des plateformes et des appareils externes, et les institutions doivent prendre des mesures raisonnables pour repérer et récupérer ces documents.  

La définition d’un « document » dans la Loi est vaste, à savoir des « éléments d’information, quel qu’en soit le support ». Les courriels, les messages instantanés, les documents et toute autre information enregistrée, quel que soit le support ou la forme, sont par conséquent considérés comme des archives dans le cadre d’une réponse à une demande d’accès.  

L’utilisation de comptes de courriel personnels, d’outils de collaboration de tiers et d’appareils non gouvernementaux pour effectuer des tâches gouvernementales ne soustrait pas les documents ainsi créés au contrôle d’une institution ni à l’application de la loi.  

Comme l’explique le document d’orientation de la Commissaire sur les documents relevant d’une institution, les institutions doivent établir si ceux-ci relèvent néanmoins d’elles. Pour ce faire, il faut examiner si les documents concernent une affaire institutionnelle et, le cas échéant, si un cadre supérieur de l’institution pourrait raisonnablement s’attendre à pouvoir obtenir une copie des documents sur demande. Les institutions doivent tenir compte de tous les facteurs pertinents pour évaluer si un document relève d’elles ou non. 

Dans ce contexte, les institutions doivent considérer toute plateforme qu’elles utilisent pour mener des activités gouvernementales comme une source potentielle de documents lorsqu’elles reçoivent une demande d’accès. Les institutions doivent donc s’assurer qu’elles disposent des moyens de repérer, de récupérer et de produire des documents dans tous les environnements où sont menées les activités gouvernementales.

Les institutions doivent s’assurer que tous les dépôts susceptibles de contenir des documents pertinents dans le cadre d’une demande d’accès, qu’ils soient officiels ou non, ont été repérés et consultés

Tous les documents pertinents doivent être récupérés s’ils existent lorsqu’une demande d’accès est présentée 

Les institutions sont tenues d’effectuer une recherche raisonnable pour les documents visés par la demande d’accès, c’est-à-dire qu’un ou des employés expérimentés de l’institution ayant une connaissance du sujet de la demande d’accès doivent avoir fourni des efforts raisonnables pour repérer et localiser tous les documents raisonnablement liés à la demande. 

Une recherche raisonnable correspond au niveau d’effort attendu de toute personne sensée et juste à qui l’on demande de chercher les documents pertinents à l’endroit où ils sont susceptibles d’être conservés. Il n’est pas nécessaire que cette recherche soit parfaite. Une institution n’est donc pas tenue de prouver hors de tout doute qu’il n’existe pas d’autres documents. Les institutions doivent toutefois être en mesure de démontrer qu’elles ont fait des démarches raisonnables pour repérer et localiser les documents pertinents. 

La plupart des plateformes de collaboration numérique (par exemple, les applications de clavardage comme Microsoft Teams, Slack et Signal) prennent en charge des échanges rapides et informels qui ne sont pas systématiquement enregistrés dans des dépôts officiels. Certaines plateformes permettent la suppression automatique des messages ou la messagerie temporaire. Il est donc essentiel que les fonctionnaires consignent rapidement les activités et les décisions opérationnelles dans des dépôts officiels afin de bien gérer l’information. 

De plus, les fonctionnaires doivent résister à la tentation de considérer que les documents échangés sur les plateformes de collaboration sont nécessairement éphémères et, par conséquent, n’ont pas besoin d’être récupérés lors du traitement des demandes d’accès. Cette distinction est sans pertinence lorsqu’il est question de récupérer des documents en réponse aux demandes d’accès. Lorsqu’une institution reçoit une demande faite en vertu de la Loi, tous les documents pertinents, y compris les documents éphémères, doivent être récupérés et fournis au bureau de l’AIPRP. 

De plus, l’utilisation de multiples environnements de communication et de stockage, tels que le courrier électronique interne, les comptes de messagerie non gouvernementaux, les plateformes de collaboration et les dépôts organisationnels, augmente la probabilité que l’information se disperse. À défaut d’adopter des politiques claires et des pratiques cohérentes et d’assurer une surveillance efficace, les institutions pourraient ne pas être en mesure de prendre des mesures raisonnables pour repérer tous les dépôts pertinents où des documents peuvent se trouver ou démontrer qu’une recherche raisonnable a été effectuée.  

Les cadres de gouvernance, y compris la Loi sur l’accès à l’information, doivent suivre le rythme du travail numérique moderne 

Les pratiques numériques évoluent plus vite que les lois et les politiques qui les encadrent 

Lorsque la Loi est entrée en vigueur en 1983, personne n’aurait pu prédire à quel point la technologie transformerait profondément la prestation de services aux Canadiens et Canadiennes, ainsi que la façon dont les citoyens et citoyennes interagiraient avec le gouvernement. La réalité d’aujourd’hui, dans laquelle les gens s’attendent à des services publics intégrés et axés sur le numérique ainsi qu’à ce que l’information soit accessible instantanément de presque partout, est le fruit de décennies de changements technologiques.  

En revanche, les instruments de gouvernance du gouvernement fédéral, y compris ceux qui encadrent l’accès à l’information, reflètent largement des façons de travailler plus lentes, linéaires et basées sur le papier.  

Pour suivre le rythme, la gouvernance doit s’adapter afin de fonctionner à la même vitesse que le travail numérique et refléter la façon dont les activités sont menées au sein des équipes et des ministères, tout en permettant aux fonctionnaires d’obtenir de meilleurs résultats pour les Canadiens et les Canadiennes. 

Les fonctionnaires ont amélioré leurs façons de travailler et continueront de le faire afin de répondre aux attentes de la population canadienne et des personnes qui demandent des services auprès des institutions gouvernementales. Il est essentiel d’adopter des méthodes de travail novatrices. 

C’est pour cette raison que les parlementaires et le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada doivent moderniser les cadres de gouvernance et de surveillance pour les adapter aux pratiques de travail modernes. Pour ce faire, il faut notamment veiller à ce que les politiques, la législation et les mécanismes de surveillance évoluent au même rythme que les services numériques. Le tout favorisera la transparence et la responsabilité grâce à l’accès à l’information, tout en permettant aux fonctionnaires d’innover et de mieux répondre aux besoins de la population canadienne. 

La Loi sur l’accès à l’information devrait être modernisée pour s’adapter à la réalité d’un gouvernement numérique. Pour ce faire, il faut exiger des institutions qu’elles conçoivent des systèmes numériques axés sur l’ouverture par défaut et qui permettent la divulgation en temps réel ou systématique de l’information, et veiller à ce que la technologie assure le respect du droit d’accès, au lieu de l’entraver.

Conclusion

Il ne fait aucun doute que l’ASFC a été contrainte de développer l’application ArriveCAN dans des circonstances exceptionnelles, avec pour objectif urgent de protéger la santé publique et de maintenir les services essentiels pendant une crise mondiale. L’enquête de la Commissaire ne met pas ces circonstances en doute. 

Elle souligne toutefois que le droit d’accès à l’information dépend de la façon dont les institutions fédérales organisent, gèrent et conservent leurs documents. Les intentions seules ne garantissent pas le droit d’accès. Il faut plutôt prendre une grande variété de mesures qui garantissent que l’information est identifiable, conservée et récupérable, indépendamment des outils ou des plateformes utilisés pour la créer et la stocker. 

Les institutions doivent veiller à ce que l’évolution des activités gouvernementales soit soutenue par des cadres de gouvernance capables de fonctionner dans des environnements numériques modernes. Sinon, le risque n’est pas seulement des réponses incomplètes aux demandes d’accès à l’information, mais aussi une érosion progressive de la transparence et de la responsabilité au sein du gouvernement. 

L’enquête sur ArriveCAN rappelle que les obligations liées à l’accès à l’information doivent toujours être prises en compte dans le travail des fonctionnaires. Pour que l’accès à l’information continue d’être significatif à l’ère numérique, il faut que les institutions, les décideurs politiques et le Parlement lui accordent une attention soutenue, établissent des responsabilités claires et prennent des mesures décisives.


À propos du Commissariat à l’information

L’objectif de la Loi sur l’accès à l’information, entrée en vigueur en 1983, est de prévoir le droit d’accès aux documents relevant des institutions fédérales, tout en veillant à ce que le recours aux exceptions et aux exclusions soit limité et précis. 

La Loi confie à la Commissaire à l’information du Canada l’examen indépendant de toute question liée à la demande ou à l’obtention de documents en vertu de la partie 1 de la Loi. Le Commissariat à l’information a été créé pour soutenir la Commissaire en tant qu’agente indépendante du Parlement.  

Le Commissariat s’efforce de faire respecter la Loi en utilisant toute la gamme d’outils et de pouvoirs à la disposition de la Commissaire. Ceux-ci comprennent la capacité de négocier avec les parties plaignantes et les institutions ainsi que la formulation d’ordonnances et de recommandations pour régler les questions à l’issue des enquêtes. 

Le Commissariat appuie la Commissaire dans son rôle de conseillère auprès du Parlement et des comités parlementaires sur toutes les questions touchant l’accès à l’information. De plus, il se fait le défenseur d’un accès accru à l’information au Canada grâce à différentes initiatives, telles que la Semaine du droit à l’information.

La Commissaire à l’information mène des enquêtes confidentielles sur des plaintes concernant le traitement des demandes d’accès par les institutions fédérales et donne la possibilité à toutes les parties de faire valoir leur point de vue.

Photo de groupe du personnel du CI Haute gestion du CI

Annexe – Rapport annuel de la commissaire à l’information ad hoc

Selon la Loi sur l’accès à l’information, le Commissariat à l’information est lui-même assujetti à la loi qu’il surveille. Cela signifie que les personnes ont le droit de demander de l’information au Commissariat et, lorsqu’elles demeurent insatisfaites du traitement de leurs demandes, elles peuvent déposer une plainte auprès de la commissaire à l’information ad hoc.

Dans le cadre de ces enquêtes, j’examine les étapes du traitement de la demande d’accès à l’information par le Commissariat ainsi que son obligation de prêter assistance, le respect des délais et l’exhaustivité de la réponse fournie. L’essentiel de mon travail consiste à analyser rigoureusement les faits, les allégations de la plainte, les observations fournies par les deux parties et l’utilisation d’exceptions prévues par la loi pour refuser de communiquer l’information demandée. 

À l’issue des enquêtes sur les plaintes, je formule des conclusions écrites soulignant les règles qui régissent le droit d’accès à l’information détenue par le Commissariat ainsi que les cas où il a refusé, correctement ou non, de communiquer certains types d’information. Ces conclusions visent à assurer une meilleure compréhension des droits d’accès relatifs à l’information demandée qui se trouve dans les documents du Commissariat. 

Je reçois également dans le cadre de mon travail des plaintes de la part de personnes qui veulent obtenir des réponses concernant l’état d’avancement ou les résultats des enquêtes menées par le Commissariat sur des plaintes au sujet d’autres institutions fédérales. Les personnes qui ont de la difficulté à trouver l’autorité compétente auprès de laquelle déposer une plainte, que ce soit au niveau provincial ou fédéral, me consultent aussi. Bien que je ne puisse accepter ces plaintes, je prends néanmoins le temps de répondre aux personnes qui les ont déposées, de leur expliquer mon rôle et de les orienter vers l’institution compétente, notamment en leur fournissant le lien du site Web correspondant. J’estime ainsi fournir un service utile au public, et de nombreuses personnes me remercient pour ce geste. 

L’exercice 2025-2026 s’est révélé aussi actif que l’exercice précédent, alors que 102 nouveaux dossiers de plainte ont été reçus. Toutefois, la plupart d’entre eux n’ont pu être acceptés et ont dû être redirigés en conséquence. Il arrivait aussi que des personnes m’aient mis en copie dans de la correspondance qu’elles adressaient à divers représentants gouvernementaux fédéraux, mais elle ne nécessitait aucune action de ma part. 

Voici la répartition de tous les dossiers reçus au cours de la période du 1er avril 2025 au 31 mars 2026 : 

  • Plaintes d’exercices précédents ayant fait l’objet d’une enquête et conclues : 1
  • Nouvelles plaintes reçues : 7
  • Plaintes ayant fait l’objet d’une enquête et conclues : 3
  • Plaintes retirées : 1
  • Plaintes entamées/reportées : 3
  • Plaintes irrecevables redirigées : 60
  • Plaintes ne nécessitant aucune action de ma part : 35

Je continue d’être attachée à cet important rôle au service du public, lequel j’ai eu le plaisir d’assumer ces dernières années.

Respectueusement soumis,  
Anne E. Bertrand, c.r.
Commissaire à l’information ad hoc  

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Commissariat à l’information du Canada

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