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Discours

Année


Libération de l’information : offre ou demande?

Le mercredi 29 septembre 2010
Musée canadien de la guerre, théâtre Barney-Danson
De 10 h à midi

Mot d’ouverture
Suzanne Legault
Commissaire à l’information du Canada

PRIORITÉ AU DISCOURS PRONONCÉ

  • Bonjour. J’ai le grand plaisir de vous souhaiter la bienvenue en cette deuxième journée de discussions des plus stimulantes, organisée dans le cadre de la cinquième Semaine nationale du droit à l’information. Bienvenue à vous tous, ici, à Ottawa, ainsi qu’à ceux et celles qui sont des nôtres grâce au Web. Je souhaite également adresser mes remerciements les plus sincères aux membres de notre panel, qui ont accepté avec générosité de nous faire don de leur temps et de leur expertise. Ils nous feront profiter de leurs vastes connaissances et perspectives en matière de transparence gouvernementale.

  • J’attendais cette semaine avec beaucoup d’impatience depuis le mois de juin, quand le Parlement m’a accordé l’honneur et le privilège de servir le Canada comme commissaire à l’information. Au cours des derniers mois, j’ai réfléchi à la tâche qui m’incombe. En consultation avec les principaux intervenants, j’ai déterminé comment le Commissariat et moi-même pouvons servir au mieux le droit à l’information des Canadiens, y compris le droit d’accéder rapidement à l’information gouvernementale.

  • Je vous avoue que je me sens plutôt humble face à cette responsabilité et au travail à accomplir. Mais je suis également emballée par les possibilités qui se présentent à nous de faire avancer les choses en travaillant de concert au service des Canadiens. Les discussions d’aujourd’hui me permettront de vous faire part de mes réflexions à ce sujet.

  • Pour illustrer le pouvoir de la collaboration, il suffit de songer au nombre croissant d’activités qui se déroulent cette semaine partout au pays. Elles vont de séminaires et discussions publiques à des concours d’habiletés et « activités de réseautage » sur le thème de l’accès à l’information. Toutes ces activités sensibilisent au droit du public d’accéder à l’information gouvernementale et favorisent une meilleure compréhension des retombées technologiques. Pour la première fois cette année, les commissaires provinciaux et territoriaux à l’information et moi-même communiquons directement avec les Canadiens grâce à des séances de clavardage.

  • Notre époque et, notamment, la technologie nous offrent une occasion unique de redéfinir le contrat social qui lie le gouvernement et les citoyens. Tous les jours, ici et là, de nouvelles applications surgissent, laissant entrevoir comment les gouvernements peuvent communiquer l’information de façon plus proactive. Un nombre croissant de pays adoptent le concept de « gouvernement ouvert ». Les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande sont à l’avant-garde de ce mouvement. Ces pays ont compris que la transparence gouvernementale peut stimuler la participation, l’innovation et la croissance socioéconomique.

  • En 1983, le Canada était le huitième pays à adopter une loi prévoyant un droit d’accès à l’information gouvernementale. Cela fait plus de 25 ans que cette législation n’a pas été revue pour tenir compte de l’évolution des normes tant au pays qu’à l’étranger. Elle reflète toujours un mode de divulgation réactif et sur papier, aux antipodes de l’environnement électronique d’aujourd’hui.

  • À la fin des années 1990, l’initiative Gouvernement en direct avait pour objectif de nous faire connaître dans le monde entier comme « le gouvernement le mieux branché avec ses citoyens ». Aujourd’hui, le Web 2.0 modifie les modalités de collaboration et de communication interne des organisations. Certains ministères accordent déjà le libre accès à certaines de leurs données. À petite échelle, certaines institutions interagissent directement avec le public grâce aux médias sociaux.

  • Je suis heureuse de signaler qu’au mois d’août, lors d’une présentation au Mexique, la dirigeante principale de l’information du gouvernement fédéral a énoncé un plan en cinq points en matière de données ouvertes. Ce plan vise notamment :

    • la création d’un portail de données gouvernementales à l’intention du public;

    • l’amélioration de l’accès aux données gouvernementales;

    • l’examen des modalités d’une politique concernant les données ouvertes et l’utilisation du Web;

    • l’amélioration de l’actuel portail de données du GC;

    • l’élaboration et l’ordonnacement d’une stratégie à long terme en matière de données ouvertes.

  • Notre gouvernement doit cependant mieux suivre le rythme de la technologie. Il doit reprendre son rôle de chef de file en modernisant notre législation sur l’accès à l’information. Il doit également faire fond sur les technologies collaboratives et évoluer vers un mode de gouvernement participatif. Cela lui permettra de demeurer réceptif aux besoins et aux attentes des citoyens. L’un de mes principaux objectifs comme commissaire à l’information vise la restauration d’un régime exemplaire d’accès à l’information.

  • Le 1er septembre, j’ai invité mes homologues provinciaux et territoriaux à se joindre à moi en approuvant une résolution pour appuyer et promouvoir les principes de la transparence gouvernementale. Dans cette résolution, nous demandons instamment aux gouvernements d’améliorer la transparence et la responsabilisation tout en démontrant un engagement en faveur de l’ouverture. Nous incitons les gouvernements à consulter le public de façon continue afin de repérer les sources de données de grande valeur pour ensuite les diffuser dans des formats ouverts, accessibles et réutilisables, gratuitement ou à peu de frais. La diffusion devra naturellement tenir compte des nécessités concernant la protection de la vie privée, la confidentialité, la sécurité et le droit d’auteur.

  • La semaine dernière, pendant qu’il couvrait la session plénière de l’Assemblée générale des Nations Unies, David Akin − promoteur bien connu de l’accès à l’information – a transmis en temps réel, dans un microbillet, la citation suivante du président du Pérou, monsieur Perez, que je traduis librement : « L’information est l’énergie fondamentale qui anime le changement économique et politique. » Voilà précisément la raison pour laquelle lorsqu’elle est retardée, l’information perd sa pertinence et son utilité, et sa source devient moins responsable.

  • C’est ce qui a motivé le Commissariat à renouveller son objectif et ses efforts pour veiller au respect de la loi grâce à la tenue d’enquêtes efficaces, justes et confidentielles sur les plaintes et les entraves à l’accès. Je m’engage personnellement à jouer un rôle moteur et à encourager l’excellence professionnelle et l’expertise qui contribueront à moderniser efficacement notre régime d’accès à l’information. C’est ainsi que nous renverserons la tendance au ralentissement de la divulgation de l’information gouvernementale.

  • Dans ce domaine, nos réussites seront proportionnelles à la mobilisation et aux synergies combinées de tous les intervenants. C’est dans cet esprit que je suis fière d’instituer cette année, au nom de mes collègues commissaires de tout le pays, un prix annuel qui porte le nom des regrettés commissaire à l’information John Grace et Marcel Pépin, président et fondateur de la Commission d’accès à l’information du Québec. Le prix Grace-Pépin sera décerné chaque année pendant la Semaine du droit à l’information. Il permettra de souligner les contributions exceptionnelles à la promotion et au soutien des principes de transparence, de responsabilisation et de droit d’accès à l’information gouvernementale.

  • Nous sommes très honorés de compter parmi nous aujourd’hui madame Ruth Grace et quatre de leurs enfants − Elizabeth Grace-Tremblay, Christopher Grace, John Grace et Ellen Grace-Meredith – ainsi que la sœur de monsieur Grace, madame Diana Lebrun.

  • Nous avons le double honneur de pouvoir saluer également madame Denise Amyot, l’épouse de monsieur Pépin, leur fils Jean-François ainsi que la soeur de monsieur Pépin, madame Ghislaine Pépin-Moranger.

  • Merci d’être des nôtres aujourd’hui pour rendre hommage à ces deux grandes personnalités. Ils ont contribué de façon significative au développement et à la promotion de l’accès à l’information au Canada. Le prix que nous instituons aujourd’hui assurera la postérité de leur dévouement et de leur ardeur à défendre d’un de nos droits démocratiques les plus fondamentaux.

  • En terminant, j’aimerais ajouter quelques mots concernant le pouvoir de l’influence par la collaboration. J’ai lu récemment que les idées ambitieuses – comme notre but de transparence – exigent une gestion passionnée, le ralliement des intervenants et une application rigoureuse pour pouvoir déplacer des montagnes et inspirer par milliers. Ce sont ces conditions que j’ai l’intention de créer pendant mon mandat de sept ans, afin d’améliorer la transparence dans l’intérêt du public.

  • Permettez-moi maintenant de vous présenter le facilitateur du panel de ce matin, John Weigelt. Agent national de la technologie de Microsoft Canada, John est chargé d’orienter la politique stratégique de l’entreprise et ses efforts dans le domaine de la technologie. John est également le principal promoteur de l’utilisation de la technologie par les secteurs privé et public.